Les chroniques de saint Anselme
Bonjour, je m’appelle Anselme. Je suis né en Italie le 21 avril 1034 et je suis mort en Angleterre, en 1109. Je sais, je suis vieux et je suis un fantôme. On me l’a déjà dit! Ça surprend toujours au premier abord, mais je ne suis pas méchant, je le jure. J’ai été fait abbé (c'est-à-dire chef) de l’abbaye du Bec, en Normandie (France) où j’ai passé beaucoup de temps à prier, à étudier l’Écriture sainte et à composer des ouvrages pieux ou philosophiques. J’ai été nommé archevêque de Cantorbéry par le roi Guillaume d’Angleterre. Et maintenant, tout seul sur mon nuage, je m’ennuie.
J’ai donc décidé que désormais, pour La bande à Sylvain, je raconterais des récits mythologiques, des contes et des légendes. Il y a quelques-unes de mes vieilles histoires qui devraient vous intéresser. Pour inaugurer mon « apparition » dans le J’@ime…express, je vais vous parler de :
Apollon et Daphné
Le grand sculpteur italien du XVIIe siècle, Bernin, a créé cette statue après avoir entendu le récit que je vais vous
narrer.
Un jour, il y a de cela fort longtemps, le dieu Apollon vit qu’Éros, le dieu de l’amour, avait du mal à utiliser son arc et ses flèches. Il se moqua de lui. Vexé, Éros s’envola au dessus du mont Parnasse et saisit deux flèches qui avaient des pouvoirs opposés : l’une, en or, faisait aimer ; la seconde, en plomb, faisait haïr. Il tira la flèche de l’amour, celle en or, sur Apollon, si bien que ce dernier devait tomber amoureux de la première personne qu’il verrait.
La première personne qu’Apollon aperçut fut une jeune fille répondant au joli nom de Daphné. Éros décocha alors la seconde flèche, celle en plomb, qui atteignit Daphné. La réaction ne se fit pas attendre. Apollon, ensorcelé par la flèche de l’amour, courut vers Daphné qui, sous le charme de la flèche en plomb, prit la fuite.

Apollon la rattrapa et l’agrippa. Au même moment, voyant qu’elle n’arriverait pas à échapper à Apollon, Daphné demanda à Zeus (le dieu des dieux) de l’aider et de faire quelque chose pour lui éviter d’avoir à s’unir à Apollon. A peine achevait-elle cette prière, que ses membres s'engourdirent. Une écorce légère enveloppa son corps délicat. Ses cheveux verdirent en un doux feuillage. Ses bras s'étendirent en rameaux. Ses pieds, naguère si rapides, se changèrent en racines et s'attachèrent à la terre. Enfin, la cime d'un arbre couronna sa tête. Daphné devint un laurier.
Bien qu’elle fût transformée en laurier, Apollon aimait toujours Daphné.
- Eh bien! Puisque tu ne peux plus être mon épouse, tu seras du moins l'arbre d'Apollon. Le laurier ornera désormais mes cheveux, ma lyre et mon carquois. Tes rameaux, unis à ceux du chêne, protégeront l'entrée du palais des Césars. Et, comme mes cheveux ne doivent jamais sentir les outrages du temps, tes feuilles aussi conserveront une éternelle verdure.

Depuis ce jour, le laurier est devenu l’attribut, c'est-à-dire le signe distinctif, d’Apollon, dieu de la lumière, des arts (poésie et musique) et de la divination. Il sert aussi à composer la couronne que portent les empereurs romains en signe de victoire. Et, vous pouvez le vérifier vous même à la cuisine, le laurier, même séché, garde sa couleur verte.
À bientôt et faites de beaux rêves.
Saint Anselme
Pour m’écrire… info@labandeasylvain.com,je suis un fantôme « branché »!